L’ancien enclave espagnole dissimule derrière un calme rare et imposant le mystère d’un passé triste, encore présent dans une mémoire accablée d’autant de douleur et de marginalisation. Son charme inébranlable, sa population paisible et particulière rendent l’accueil plus que chaleureux !
Bienvenue à la ville des rêves !
Sous un ciel brumeux et flattant, entouré d’une multiplicité d’interrogations. Mes pensées s’égayent derrière un regard submergé dans les profondeurs de l’horizon.
Le souffle de la brise rafraîchissante réconforte les sens. La bonne senteur, qui émane des arbres voisins, provoque en moi un état que seul un mot est capable de décrire : la paix. Entre un charme subtilisant et une sérénité persistante, sidi Ifni, le portail du désert, se définit à travers une beauté captivante et sa population accueillante.
Ô Dieu ! Seul toi capable de pénétrer les profondeurs des cœurs et des pensées, laisse moi jouir de cet univers aux délices inépuisables !Le soir, ils sont tous là, envoûtés par le coucher de soleil qui les couvre d’une joie remarquable et les attache de plus en plus fort à cet endroit magique.
Rien ne trouble le silence, la mer est là, juste en face de tout le monde, fidèle à ses horaires et ses rites, prête à réconcilier les différences des uns, apaiser les âmes et atténuer les douleurs des autres. C’est la mer qu’on écoute ici et à laquelle on dévoile les secrets quotidiens de toute une journée, qui semble pareille à la précédente !
C’est à la mer qu’on doit ici la ville et la vie, et souvent on entend dire : « s’il n’y avait pas eu la mer, Ifni n’aurait pas existé »
La ̒̒̒ Tierra Prometida ̓̓ !
Les tribus indigènes ne savaient peut être pas qu’une ville épatante pourrait voir le jour sur des montagnes rudes et une région aride, pourtant ils savaient que l’arrivée d’un envahisseur était souvent fréquente.
Et certes, juste après leur arrivée dans les îles canaries, les Espagnols tentèrent de débarquer au début du 15éme siècle sur les côtes sahariennes. La première Conquista devait alors faire face à une résistance acharnée. La puissance coloniale fut obligée de fléchir.
Cependant, La ¨santa Cruz de la Mar Pequeña¨, tellement désirée et convoitée depuis des siècles passés, tombe sous le contrôle des Espagnols le 6 avril 1934, sous le prétexte du « droit historique ».
A la tête d’une mission, Capaz Fernando Blanco fut alors le premier représentant de l’empire espagnol à mettre le pied sur le territoire. L’envoyé spécial de la Conquista s’est félicité du privilège, et sans doute pensait-il que l’emplacement stratégique et le climat agréable de la contrée constitueraient des facteurs encourageants et pourraient garantir toutes les chances pour un futur prometteur.
Les nouveaux colons se mirent à travailler hardiment sur une géographie/ superficie limitée, la transformant, au bout de quelques années, en une petite ville ayant le pouvoir à la fois administratif et militaire garantissant le contrôle des autres régions lointaines.
Bienvenue à la ville des rêves !
Inspirés par les différentes écoles architecturales du début de 20 ème siècle, constructivisme, Art déco..., les architectes passent à l’application, faisant d’un terrain désertique une œuvre grandiose : La Plaza España, jardin ayant une forme ovale, entouré par les édifices principaux : municipalité, casino, église, palais de gouverneur, hôtel... une diversité de formes et fusion de styles laisse apparaître une création unique et égayante qui exalte l’imagination !
Disposées en rayons, les rues partent de ‘’la Plaza España’’, s’insinuant magiquement entre les édifices, conduisent par la suite, vers les différents quartiers de la ville. Labarandilla, la balustrade dotée d’une vue fascinante, donne sur la mer, et, étonnement, par des escaliers, conduit jusqu’à la plage. Sur le chemin on se laisse séduire par Cecion del mar, un autre édifice majestueux incarnant la forme d’un bateau.
Quelques mètres au dessous, au bord de la mer, on découvre la ‘’Piscina’’, un hôtel, et un stade de tennis...
Pas question alors de s’ennuyer, la distraction est à l’ordre du jour : cinémas, twist-club, casino, la radio d’Ifni….
Les palmiers bordant les petites villas du quartier espagnol, les jardins bien aménagés offrent le sens du bien-être, sérénité extrême et une harmonie sans pareil. Les anciens colons voulaient vivre dans une petite ville où rien ne manque.
Des ingénieurs espagnols et français installèrent El Embarcadero : le somptueux téléphérique, qui débarquait les marchandises depuis les bateaux venant des îles Canaries. L’aéroport organisait des vols réguliers et assurait la liaison de la ville avec le monde extérieur et encore plus, un hôpital sophistiqué.
A l’époque où la vie était encore dure dans la péninsule et extrêmement insupportable dans d ìautres régions du monde, Ifni, bien marqué sur la carte internationale, florissait plus que jamais et devint en peu de temps un véritable eldorado où vivait une population d’environ 20 000 personnes dont 60 pour cent était d’origine espagnole.
Les attaques d’une résistance peu entraînée mais armée d ìun courage héroïque, se multiplient et finissent finalement par être couronnées d ìune grande victoire en 1957. La pression internationale s’accentue, l’Espagne n ̍eut alors plus le choix que de se retirer mettant fin à une occupation, peu sûre, de 35 ans.
Le généralJosé Vega Rodriguez, baissant le drapeau espagnol, prononce ses mots historiques : ‘’Hemos dejado lo mejor de toda España’’. Le rêve impérial s’est évaporé.
Les habitants de la petite ville jubilent. Le 30 juin 1969, Sidi Ifni est de retour à la mère patrie.
Début de décadence
D’un jugement injuste s’ensuivît un processus de décadence fatal. La charmante ville côtière plongea dans l’oubli et l’abandon et se laissait de ce fait jour après jour déprécier et en quelques années plus tard, métamorphoser.
Lamain irresponsable du corps supposé de veiller l intérêt général et gérer la chose locale horriblement prédominait horriblement et s’efforçait sans scrupules d’assouvir le désir sadique d’une poignée d’extravagants.
La ville récemment indépendante devint, à la surprise de tout le monde, enclavée par une mentalité de responsables dotés de soif pour le pillage et d´une phobie aveugle envers tout ce qui est beau et différent.
La belle image de la ¨Provincia Chiquita¨ s’effritait considérablement…
38 ans après l’indépendance, la marginalisation systématique et injustifiée s´opérait pour toute une ville. Les habitants, profondément déçus, n’avaient pas d’autre recours que de se réfugier dans un silence pénible et coûteux !
Patrimoine en danger !
Le charme majestueux et défiant risque de disparaître à jamais.
Ifni, alors la perle de sud, la ville des fleurs, est en ce moment à l’agonie !
L’aéroport ne garde plus que le nom, les amas de poubelles y sont dispersés, les troupes de chèvres y trouvent suffisamment d’herbe, sacs de plastiques et de liberté. Il ne représente de nos jours qu’un lieu de souvenirs et témoin d’un passé.
En 1989 un avion américain a effectué un atterrissage forcé. Son équipage s’en sortit heureusement sains et saufs.
Tout ce qui beau devient bizarre : le parc qui abritait une faune et une flore diversifiée et servait pour un endroit de repos et de distraction, est aujourd’hui difficilement reconnaissable, négligé, sa jolie muraille est abattue à dessein, Les cages sont gravement endommagées. Pourtant, les Ifnaouis le fréquentent de temps en temps pour ressusciter des moments nostalgiques, d’autres s’y rendent le soir pour partager une bouteille d’alcool ou des bouffées de bonheur !
Même l’église n’a pas échappé au châtiment et s’en ressent à son tour. Sur une terre d’Allah, où la tolérance est une obligation divine, le lieu saint se sent étouffé et détérioré, les cloches jetées par terre, pire encore, l ìéglise s’est convertie sans motif ni raison en un palais de justice !
Les deux cinémas sont fermés, Le téléphérique cessa de fonctionner depuis 1971, aujourd’hui, rouillé et en décombres, gémit sous la merci de la nonchalance. Parfois, à l’improviste, il reçoit des visites consolantes des locaux ou des quelques touristes qui lamentent son état, mais aussi des pilleurs qui, au vu et au su de tout le monde, s’approprient de ses pièces et les vendent en marché noir. Les autorités, bien entendu, sont les derniers à savoir !
Les murs, horriblement montés, cachent les jolies façades et défigurent la beauté de la ville.
Un patrimoine architectural représentant les grandes écoles de l’art du début du 20ème siècle est en voie de disparition, pourtant, ni l’assemblée élective ni les autorités locales ne prennent conscience de la valeur universelle de l’Art déco.
Le patrimoine colonial d’Ifni, victime de la mauvaise gestion et de
l’anarchie administrative, pousse son dernier soupir d ìurgence !
La ville, le mystère et l’espoir
Cependant, et malgré le carnage commis, plusieurs édifices, qui demeurent une propriété espagnole, échappent à la métamorphose, mais souffrent de leur état déplorable à cause de manque d’entretien. L’Espagne, en tant que propriétaire conformément au traité de Fez, montre apparemment peu de préoccupation envers ce patrimoine se trouvant sur un autre sol qui n’est pas le sien.
Les vestiges de l’époque coloniale, encore visibles, témoignent de la grandeur d’une architecture impressionnante.
Des routards, de passage, viennent pour découvrir Sidi Ifni, s ìarrêtent imprévisiblement, restent plus longtemps s’ils ne s y installent pour toujours.
Les Ifnaouis se baladent le soir, s’orientent vers leur endroit mythique : labarandilla. le coucher de soleil émeut tout le monde et les rend sans mot à dire, on dirait qu’un autre langue y prend place.
Sur les terrasses des cafés s’installent les clients de toujours autour d’une théière sahraouie, ils parlent de tout et de rien. La musique rappelle l’époque hippie et invite souvent à partager le verre.
Le chômage est indiscutablement le phénomène le plus agaçant, les jeunes en souffrent beaucoup car la ville ne dispose point d’opportunités de travail, et par conséquent la majorité voit son futur ailleurs.
L’après-midi, les marins sont de retour, épuisés mais contents, après une dure journée de travail, déchargent leur poisson et se préparent à la ¨torture ¨ de l’enchère.
La mer prodigue ses richesses, pourtant les pêcheurs sont de plus en plus concernés par le sort de leur port : l’ensablement risque d’en avaler toute l’entrée alors que le dragage ne se fait pas d ìune manière régulière.
5 ans déjà révolus après l’inauguration du port de plaisance par le roi, les travaux sont invisibles, et certainement demeureront longtemps à s’achever s’ils voient un jour le jour.
Mohamed, un Ifniño typique. Avec ses 50 ans ne cache pas son espoir, dit d’un ton sûr et optimiste : ‘’ il suffit d’ouvrir les yeux pour mettre terme au cauchemar ! ‘’
En revanche, beaucoup ne partagent plus son avis. La mer, selon eux, source de vie, révèle l’un de ses miracles : un autre chemin mènerait probablement vers une vie meilleure. Les jeunes y comptent beaucoup. ¨ Godo n’arrive toujours pas… et Pour changer il faudra trop de temps. Personnellement je ne suis pas prêt à perdre plus de temps au détriment de mon futur ¨ dit Hassan. Il ajoute : ¨ La Patera fait moins de 3 jours pour arriver à Lanzarote et…c’est là où je vois le salut¨.
Après la ballade de chaque jour, qui me semblait un défilé cérémonial, les rues se montrent désertiques, tout le monde regagne son foyer, la petite ville retrouve une sérénité extrême.
Pourtant et au moment où l ìon pense que plus personne n’oserait sortir à cette heure tardive, voilà que le mystère se révèle une nouvelle fois : une foule de noctambules, femmes, hommes et même des garçons émergent, dissipant mes craintes pour être le seul dans un vide inquiétant, ressuscitant une ville dont l’âme est immortelle.
Mohamed est parmi ceux qui préfèrent flâner la nuit. Son attachement à sa petite ville déborde durant ses promenades nocturnes surtout lorsqu’ il marche à pas lents et se délecte des caresses douces que lui procure la brume sur son visage ridé.
De ses yeux profonds se diffuse une vue perçante. Sa voix aigue, qui enjolive ses mots qui sillonnent d’un ton soutenu, finit par m’ensorceler et puis m’impliquer dans une discussion à la fois riche et amusante.
Je l´ai trouvé prêt à partager une certitude agaçante : le blocage de Sidi Ifni et la région d Ait Baamrane n’aurait pas réussi si une bonne partie du Moi n’avait pas demeuré coi !
Avant de le confier à sa solitude, et dans une tentative de chasser un sommeil intrus, je lui ai demandé si La ville des fleurs aurait les chances de prospérer et retrouver son printemps ? ¨
Il dévoila un grand sourire en passant sa main droite sur ses cheveux gris et brillants et, sans hésiter, réplique : ¨Ifni c’est jamais fini !¨
Mohamed Salem Ettalibi Ifni_2006@hotmail.fr
d
!!!!!! Des
projets de développement pour 115
millions DHS ont été lancés
à Sidi Ifni ??????
dd
Plusieurs
projets de développement ont été
lancés et des conventions relatives
à la réhabilitation de la ville
de Sidi Ifni signées pour une valeur
globale de 115 millions dh, après la
visite de SM le Roi Mohammed VI dans la ville
en décembre 2007, a indiqué
le ministre de l'Intérieur, M. Chakib
Benmoussa, appelant l'ensemble des acteurs
à se mobiliser et à s'impliquer
dans ce processus pour instaurer un climat
de confiance et garantir à la ville
les conditions de développement durable.
M. Benmoussa qui intervenait récemment
lors d'une séance plénière
à la chambre des représentants
consacrée à l'examen du
rapport de la commission parlementaire
d'enquête sur les incidents de Sidi
Ifni, a affirmé que conformément
à l'approche de dialogue et de
concertation adoptée pour résoudre
les problèmes et relever les défis
de développement, plusieurs réunions
ont été tenues aux niveaux
central et local, permettant de dégager
des propositions pour l'élaboration
d'une stratégie complémentaire
favorisant la réhabilitation de
Sidi Ifni aux plans économique
et social.
Le rapport de la commission parlementaire
d'enquête sur les incidents de Sidi
Ifni a été élaboré
à l'issue d'un travail de longue
haleine et une enquête minutieuse
sur tous les aspects en relation avec
ces incidents regrettables, a-t-il souligné,
précisant que l'approbation de
ce rapport à l'unanimité
des membres de la commission reflète
clairement les conclusions auxquelles
elle est parvenue en toute indépendance.
Et de rappeler que le rapport conclut
à l'inexistence de cas de mort,
de viol, de torture ou de blessures graves,
contrairement aux allégations véhiculées
par certaines parties qui n'ont pas hésité,
au lendemain de ces incidents, à
faire état de morts et de cas de
viol, de torture, de violence et à
qualifier l'intervention visant à
lever le blocus du port et à rétablir
l'ordre dans la ville de crime contre
l'humanité, de punition collective
et de campagne de vengeance contre les
tribus Aït Baamrane.
L'intervention ferme des forces de l'ordre
a fait quelques blessés légers
des deux côtés (forces de
l'ordre et manifestants), a indiqué
le ministre, notant que des altercations
verbales et quelques incursions dans des
domiciles ont été enregistrées.
Par ailleurs, a-t-il poursuivi, le rapport
indique que les forces de l'ordre ont
manqué de fermeté requise
pour imposer le respect de la loi et le
cadre d'exercice des droits et des libertés,
mettre un terme, à temps, aux dépassements.
Fidèles à la méthode
adoptée pour le traitement des
manifestations et des rassemblements sur
la voie publique avec la souplesse requise
et dans le but de ne pas entraver le bon
déroulement des examens du baccalauréat,
les pouvoirs publics ont différé
leur intervention de plus d'une semaine
en vue de donner l'occasion aux institutions,
aux élus et à toutes les
personnes animées de bonne foi,
de persuader les manifestants de lever
le blocus du port, au moment où
des opérateurs économiques
et des employés du port subissaient
d'importantes pertes, a-t-il ajouté.
L'arrestation de certaines personnes qui
n'ont pas participé au blocage
du port a été dictée
par les conditions ayant marqué
l'intervention des forces de l'ordre,
a assuré M. Benmoussa, relevant
que ces personnes étaient soit
parmi les instigateurs des manifestations,
soit elles ont commis des actes de violence
et ont été arrêtées
en flagrant délit d'actions qui
tombent sous le coup de la loi, telles
que les jets de pierres contre les forces
de l'ordre, l'occupation de la voie publique,
la détérioration de biens
d'autrui et l'occupation des sièges
de la municipalité et du commissariat
de police.
Le nombre réduit des personnes
arrêtées lors de ces incidents
regrettables prouve que l'intervention
avait un objectif sécuritaire bien
défini, a souligné le ministre,
précisant que les interventions
des forces de l'ordre sont opérées
sous le contrôle des autorités
judiciaires, en ce sens que le procureur
du Roi donnait des instructions relatives
à l'application du code des libertés
publiques.
Selon M. Benmoussa, tous ces éléments
montrent que l'instrumentalisation des
incidents de Sidi Ifni avait d'autres
objectifs et a été conduite
par certaines parties qui avaient un agenda
sans relation aucune avec les revendications
soumises, et c'est ce qui a été
démontré par la couverture
médiatique assurée par des
personnes originaires de la région
ou d'ailleurs.
Les pouvoirs publics n'hésiteront
pas à intervenir, avec la fermeté
requise, pour rétablir l'ordre
dans le cadre des lois régissant
l'exercice des libertés de rassemblement
et de manifestation sur la voie publique,
chaque fois qu'il s'avère que la
loi est violée et que la vie ou
les biens des citoyens sont menacés,
a-t-il affirmé.
Les groupes parlementaires avaient indiqué,
lors de l'examen de ce rapport, que le
déficit économique et social
que connaît Sidi Ifni était
à l'origine des incidents qu'a
connus la ville le 7 juin dernier, soulignant
la légitimité des revendications
des citoyens en termes d'infrastructures,
d'investissement, de création d'emploi
et d'amélioration des services
sociaux tels la santé, l'enseignement
et l'habitat.
L'intervention des forces de l'ordre pour
débloquer le port visait à
"rétablir l'ordre et préserver
la crédibilité des institutions",
ont-ils estimé, relevant toutefois
certains dépassements contenus
dans le rapport, notamment les insultes,
l'incursion dans les domiciles et la violence
dans les commissariats.
Ils ont, en outre, déploré
le traitement réservé par
les médias nationaux à cette
affaire, et qui a donné lieu à
certaines interprétations tendancieuses
de la part de certaines parties, et condamné
les allégations véhiculées
par la chaîne d'information "Al
Jazeera", faisant état de cas de
mort, en violation des principes de déontologie.
????
MAP
Sidi Ifni: Les associations
contestent le rapport parlementaire
Plus de six mois après les
événements de Sidi Ifni,
la commission d'enquête parlementaire
rend public son rapport. Il n'y a
pas eu de mort ou de viol, mais le
texte fait état d'interventions
abusives des forces de l'ordre.
C'est
finalement dans l'indifférence
quasi-totale que la commission d'enquête
parlementaire chargée de lever
le voile sur les événements
de Sidi Ifni a présenté
son rapport, mercredi, devant le Parlement.
«La montagne a accouché
d'une souris», commente-t-on
déjà.
Noureddine Moudiane, député
PI et président de la commission,
a présenté devant les
parlementaires, après la rituelle
séance des questions orales du
mercredi, la synthèse du rapport.
L'examen et le débat du contenu
du document seront entamés dès
mercredi 24 décembre, précise
Mustapha Ramid, député
PJD et vice-président de la commission.
En attendant, les réactions de
la société civile se font
déjà très critiques.
«Le timing choisi pour présenter
le rapport est, à lui seul, révélateur
de l'intension des pouvoirs publics
de minimiser la portée des événements
du 7 juin», fait noter Abdellah
Birdaha, président de la section
locale de l'AMDH à Tiznit. «Rendre
public le document au moment où
le pays commémore le 60e anniversaire
de la déclaration des droits
de l'Homme et quelques jours après
la décision du Maroc de lever
ses réserves sur les conventions
et traités relatifs aux droits
de la femme, le vide de son contenu.
C'est une manière de noyer le
poisson», précise-il.
«Le rapport devait être
présenté en septembre,
en session extraordinaire s'il le fallait,
alors que le dossier était encore
chaud. Aujourd'hui, il n'a plus la même
valeur», soutient Khalid Cherkaoui
Smouni, président du Centre marocain
des droits de l'homme (CMDH). «La
présentation du rapport a pris
du retard», reconnaît
M. Ramid avant de poursuivre : «Nous
aurions voulu qu'il soit présenté
un peu plus tôt, mais l'examen
et le vote de la loi de Finances a eu
la primauté», ajoute-t-il.
Outre cette question d'agenda, ce sont
les accusations de viol et d'atteintes
graves aux droits de l'Homme, que nie
le rapport, qui suscite l'ire du milieu
associatif. «Il y a eu viol
de femmes», tranche K. Semouni.
Car, explique-il, «dénuder
une femme dans un commissariat, par
des agents de police, et déchirer
ses habits est une forme de viol selon
les normes internationalement reconnues».
Ce qui n'est pas de l'avis des membres
de la commission. Le rapport nie, en
effet, la présence de cas de
mort ou de viol. «Il n'y a
pas eu d'acte de viol, tel que décrit
par le code pénal marocain ou
spécifié dans le traité
de Rome», soutient M. Ramid.
Le rapport reconnaît, néanmoins,
qu'il y a eu viol de domicile. Les forces
de l'ordre ont investi plusieurs maisons
et défoncé des portes.
Elles ont dispersé et endommagé
le mobilier et détérioré
des compteurs électriques. Elles
ont également fait montre de
violence contre des personnes des deux
sexes et de différents âges
et procédé à des
arrestations de plusieurs personnes
qui ont été conduites
à l'arrondissement de police
de Sidi Ifni. Cela, en plus d'insultes
et de propos humiliants proférés
contre un grand nombre de citoyens.
Il a été, de même,
enregistré la perte de téléphones
cellulaires, de sommes d'argent et de
bijoux, lors de ces opérations.
Tout cela est annoté, noir sur
blanc, sur le document. Mais, point
d'allusion aux violations graves des
droits de l'homme.
Les événements tels qu'ils
se sont déroulés ont justifié
l'intervention des forces de l'ordre
le 7 juin 2008 à l'aube pour
la levée du blocus et le rétablissement
de l'ordre, est-il précisé
dans le document. Cela constitue un
autre point contesté par les
ONG. C'est également l'un des
points de discorde au sein même
de la commission. «La première
mouture du rapport, que nous avons contestée,
avait justifié cet usage abusif
de la force», confie M. Ramid.
Le rapport final a voulu faire la part
des choses. «Le rapport a
justifié l'intervention des forces
de l'ordre. Et cela risque de banaliser
un tel abus dans le futur»,
prévient ce militant des droits
de l'homme.
Cela étant, à Sidi Ifni,
«la situation reste toujours
explosive. Les conditions qui ont déclenché
les événements du 7 juin
sont toujours présentes»,
prévient A. Birdaha. De même,
ajoute-t-il, le sort des 22 manifestants
arrêtés n'est pas encore
fixé. «Ils croupissent
toujours dans la prison d'Inezgane.
Ils attendent, depuis 5 mois, un jugement
qui tarde à venir bien que l'enquête
policière soit close depuis longtemps.
Le sort réservé aux 18
plaintes déposées par
la population contre les forces de l'ordre
reste également inconnu»,
conclut-il.
Les chiffres
du rapport
La commission d'enquête a été
instituée à la demande
de 274 députés, soit
84,30% des parlementaires. La commission
avait envoyé 54 convocations
et demandes d'audition. Elle a enregistré
155 dépositions des citoyens
qui l'ont contactée à
leur propre initiative. La commission
a organisé 190 séances
d'audition, rassemblé 75 enregistrements
audio (112 heures), 28 CD audio, 163
DVD et a reçu 435 photos. .Elle-
a reçu 115 certificats médicaux
dont 58 émanant des forces
de l'ordre.
La commission a également comptabilisé
14 véhicules des forces de
l'ordre ayant subi des dégâts,
36 blessés parmi les forces
de l'ordre, 34 blessés parmi
les citoyens, 12 personnes déférées
devant la justice. Elle a également
établi la liste des dégâts
subis par 80 camions frigorifiques
de transport de poissons. 17 procès
verbaux de constats ont effectués
par des auxiliaires judiciaires assermentés
sur les dégâts subis
par les camions et le pourrissement
de leurs cargaisons.
Tahar Abou El Farah
Source: Le Soir Echos
S.M. le Roi nomme
plusieurs walis et gouverneurs
Le Souverain donne sa haute approbation
pour la création de nouvelles préfectures
et provinces à Ouezzane, Sidi Slimane,
Guercif, Driouch, Berrechid, Sidi Bennour,
Youssoufia, Rhamna, Fkih Ben Salah, Midelt,
Tinghir, Sidi
Ifni et Tarfaya
Les nominations de walis et de gouverneurs
à l'Administration centrale et territoriale
du ministère de l'Intérieur
s'inscrivent dans le souci de S.M. le Roi
de consacrer la bonne gouvernance locale,
d'assurer la mise en œuvre effective
de la politique de proximité et de
réaliser le développement
régional
• La création des nouvelles
préfectures et provinces intervient
en application des Hautes orientations contenues
dans le discours royal à l'occasion
du 33e anniversaire de la Marche Verte visant
la mise en place d'un cadre juridique et
institutionnel pour une réforme globale
de l'administration territoriale.
Sa Majesté le Roi Mohammed VI a
reçu, jeudi au Palais Royal à
Fès, 37 walis et gouverneurs que
le Souverain a nommés à l'Administration
centrale et territoriale du ministère
de l'Intérieur. Ces nominations s'inscrivent
dans le cadre du souci de S.M. le Roi, que
Dieu l'assiste, de consacrer la bonne gouvernance
locale, d'assurer la mise en œuvre
effective de la politique de proximité
et de réaliser le développement
régional intégré. Elles
s'inscrivent également dans le cadre
des orientations éclairées
de S.M. le Roi visant à renforcer
le processus de décentralisation
en imprimant une forte impulsion à
l'action de l'Etat et en réorganisant
l'administration territoriale pour en optimiser
l'efficacité et renforcer l'encadrement
de proximité.
Ces nominations qui interviennent dans la
perspective des échéances
que le Maroc connaîtra durant cette
année, visent à encourager
les compétences qui exercent dans
l'administration territoriale par le biais
de la promotion interne périodique
et à renforcer les services centraux
du ministère de l'Intérieur
en les dotant de cadres et compétences
en mesure de contribuer au processus d'édification
démocratique et au développement
économique et social. n
Il s'agit de : Abdechakour Raïs,
wali, secrétaire général
du ministère de l'Intérieur. Mohamed Tricha, wali, directeur
général des affaires intérieures
au ministère de l'Intérieur. M'hamed Dryef : wali attaché
à l'administration centrale du ministère
de l'Intérieur. Mohieddine Amzazi : wali
attaché à l'administration
centrale du ministère de l'Intérieur. Mohamed Salah Tamek : wali
attaché à l'administration
centrale du ministère de l'Intérieur. Ghilani Dlimi : wali attaché
à l'administration centrale du ministère
de l'Intérieur. Mohamed Halab : wali de
la région du Grand Casablanca, gouverneur
de la préfecture de Casablanca. Mohamed Jalmous : wali
de la région Laâyoune-Boujdour-Sakia-El-Hamra,
gouverneur de la préfecture de Laâyoune. Hamid Chabar : wali de
la région de Oued Eddahab-Lagouira,
gouverneur de la préfecture de Oued
Eddahab. Mohamed Faouzi : wali de
la région de Meknès-Tafilalet,
gouverneur de la préfecture de Meknès. Hassan Ben M'barek : gouverneur,
directeur des walis à l'administration
centrale du ministère de l'Intérieur. M'Hamed Lemtouni : gouverneur
attaché à l'administration
centrale du ministère de l'Intérieur. Alami Zbadi : gouverneur
de la préfecture de Salé. Mohamed Allouch : gouverneur
de la province d'El Hajeb. Abdelfettah Lebjioui :
gouverneur de la province de Chichaoua. Mohamed Arif : gouverneur
de la préfecture des arrondissements
d'El Fida-Mers Sultan. Abdelghani Sabbar : gouverneur
de la province de Taza. Mohamed Assila : gouverneur
de la province de Chefchaouen. M'hamed Heddan : gouverneur
de la province de Taourirt. Ali Biougnach : gouverneur
de la province d'Azilal. Aziz Dadas : gouverneur
de la province de Mohammedia. Mohamed El Hafi : gouverneur
de la province de Nouaceur. Abdesslam Bekrat : gouverneur
de la province de Ouarzazate. Mohamed Sabri : gouverneur
de la province de Khouribga. Abdesslam Zouggar : gouverneur
de la province de Sefrou. Driss Benaddou : gouverneur
de la province de Tiznit. Khalid Safir : gouverneur
des arrondissements de Casa-Anfa. Lahcen Aghjdam : gouverneur
de la province de Zagora. Mohamed Najib Bencheikh :
gouverneur de la province de Kalaâ
des Sraghna. Mustapha Aïda : gouverneur
de la province de Jerada. Mohamed Benribag : gouverneur
de la province Fahs-Anjra. Nabil Kharroubi : gouverneur
de la province d'Essaouira. Mohamed Salem Essebti :
gouverneur de la province de Smara. Brahim Abouzid : gouverneur
de la province de Assa Zag. Mohamed Dinia : gouverneur,
directeur de l'eau et de l'assainissement
à l'administration centrale du ministère
de l'Intérieur. Mohamed Kadiri : gouverneur,
directeur des agences et des services concédés
à l'administration centrale du ministère
de l'Intérieur. Mme Nadira El Guermai :
gouverneur, coordinatrice de l'INDH à
l'administration centrale du ministère
de l'Intérieur.
Lors de cette audience qui s'est déroulée
en présence du ministre de l'Intérieur,
Chakib Benmoussa, les nouveaux gouverneurs
ont prêté serment devant S.M.
le Roi.